Déneigement

Déneiger
A l’ouverture de la station, on accède dans le bâtiment par l’étage, ‘par la tour’. Toutes les annexes en contrebas, contenant les garages, ateliers, entrepôts, et dortoirs sont sous la neige, qui n’est pas tombée (il neige moins qu’on ne pourrait le penser), mais qui a été soufflée par le vent et s’est accumulée pendant les 8 mois d’hiver. Tout qui n’a pas mieux à faire est mis à contribution pour le déneigement. Moi par exemple vu que le traitement des eaux est un des derniers systèmes à pouvoir être relancé. Et tant mieux, être dehors au grand air n’est pas pour me déplaire, surtout quand la météo est clémente: -15 °C, soleil, pas de vent. Gare aux UV par contre, le trou dans la couche d’ozone au-dessus de l’antarctique n’est pas encore résorbé en début de saison. Le visage de certains collègues en a déjà fait les frais, je vous épargne leurs portraits !
Nix repetita
Déneigement, ou plutôt déplacement de la neige (nix, nivis). C’est un peu le rocher de Sisyphe, car chaque année il faut recommencer, déplacer la neige, un peu plus et un peu plus loin car elle ne fond (et même ne sublime, sisi, solide -> vapeur) pas beaucoup. On est même dans une région où des mesures effectuées par des scientifiques à la station suggèrent une accumulation plutôt qu’une diminution de la masse totale de neige et glace. Tout le monde qui tient ou conduit une pelle ici peut vous le confirmer.
Pelles musculaires et mécaniques
C’est donc à grand renfort de pelles musculaires (c’estle nouveau buzz depuis que, tragiquement, le vélo a été rebrandé ‘vélo musculaire’) et de pelles motorisées (#zeroemission) qu’on déplace des tonnes et tonnes de neige. Voire même à la tronçonneuse pour découper des blocs de glace (malheureusement pas pour un faire igloo, ce sera pour plus tard dans la saison me promet-on.) Pendant 3-4 jours c’est donc un ballet de dameuses (dites ‘Prinoth’) qui viennent récupérer la neige que les pelletiers et la pelleteuse (dite ‘Komatsu’) ont délicatement retirée de la facade. Le but final est de dégager tous les accès et abords de la station, et de ‘flatter’ la zone devant la station que pour pouvoir y disposer toutes sortes de containers (scientifiques, ateliers, stockage, poubelles, pompe à essence, habitats légers pour expéditions en dehors de la station) et y parquer les différents véhicules et la flotte de motoneige de la station.


Flatter, groomer
Je dis ‘flatter’ pour citer Jacques, québécois (un régal aux oreilles), 19 ans de métier à pousser de la neige. Après le dernier petit coup de peigne qui fait, tôt le matin en station, le plaisir des skieuses et skieurs, on peut même dire que la neige est ‘groomée’. Pas de ski pour nous, car c’est ‘ben flatte’, mais un petit match de foot improvisé le dimanche après-midi. Derby France-Belgique, à 1400 m d’altitude, par -15 °C… one of those days… ! Pendant que les supporters mangeaient des frites (et non de la poutine, car on a pas de ‘fromage en grain’ à la station).
